Au sommet de sa carrière fructueuse de producteur où il avait collaboré avec Dr Dre, Busta Rhymes, 50 Cent, Beyonce et autres poids lourds du rap game et du r&b, Scott Storch avait alors amassé plus de 100 millions de dollars, mais a fait la connaissance d’une substance qui allait finir par devenir sa perte: la cocaïne.

Sa descente aux enfers a commencé en 2006 à Hollywood, lorsqu’une femme lui a fait essayer la coke pour la toute première fois. D’après des rumeurs, il s’agirait de Paris Hilton, mais Scott a refusé de l’affirmer: « Les gens pointent toujours quelqu’un d’autre du doigt, c’est moi qui me suis foutu cette merde dans mon nez, aucune meuf ne m’a foutu ça dans le nez. »

Après être « tombé amoureux » de la coke, Scott s’est distancé de la musique et a déménagé à Miami pour s’éclater en soirées et dilapider son immense fortune avoisinant à l’époque les 100 millions de dollars.

 

Derek Jackson, le manager du producteur:

« Le mois magique était aout 2006. Je n’oublierai jamais. Tu sais, pour nous, 2006 était l’année magique, on avait touché le jackpot. Tout fonctionnait, tout ce qu’on faisait marchait. C’était la meilleure année de ma vie, il y avait tellement de hits que je ne me rappelle même plus de tous. C’était l’année où il a gagné la récompense du Songwriter de l’année. On battait beaucoup de records de ventes et c’était rapide, c’était juste une année magnifique. Mais en aout, il s’est rendu à Hollywood, et tout a changé. C’était la première fois qu’il partait en vacances depuis le début de sa carrière. J’étais avec lui depuis qu’il avait 17 ans, je l’ai découvert, jouant au piano avec les Roots en 1992, donc pendant tout ce temps là, il a toujours été comme une abeille ouvrière, c’était sa manière de fonctionner. Mais en aout 2006, on a pris un mois de vacances, et c’était terminé, il n’en est jamais revenu. On s’était fait énormément d’argent en 2006, et on était fauché en janvier. »

Derek Jackson et Scott Storch




Plus il devenait accro à la coke, plus il prenait de mauvaises décisions financières. Ainsi, il a commencé à s’offrir un jet privé, un yacht, des bijoux d’une valeur de plusieurs millions de dollars et près de 20 voitures de luxe tout en dépensant énormément en employés domestiques:

« Mes frais mensuel en employés domestiques avoisinaient le million de dollars. Et j’avais encore beaucoup d’argent dans mes comptes bancaires, et lorsque les gens me disaient que je merdais, je répondais: ‘Oh ouais?’ Et j’achetais quatre nouvelles voitures. Etre un drogué et avoir tout l’argent du monde, tu sais que ça pourrait te tuer. C’était fun mais il y avait aussi de la souffrance. La cocaïne est une putain de drogue. Mais ce n’était pas le prix de la drogue qui a affecté ma vie, c’était les mauvaises décisions financières que j’ai prises, ça a eu pour conséquence de me forcer à changer mon style de vie, à changer beaucoup de choses. J’avais entre 15 et 20 voitures constamment. Ce n’est pas intelligent. Je prenais une de ces 15 voitures valant 1 demi-million de dollars pour aller au centre commercial et y dépenser autant d’argent. Vraiment stupide. C’est comme si ça ne faisait pas de différence. C’était des investissements basés sur l’égo. J’aurais été bien avec trois ou quatre voitures, je n’avais pas besoin d’un bateau de 35 mètres de long. »

Jackson: « Les jets privés coutent chers, laissez les si vous ne savez pas vous les offrir. Un vol jusqu’à Riviera en jet privé coute 250.000$ aller. Scott dépensait de l’argent pour ses potes, mais si tu ne sais pas prendre soin de toi, comment tu vas prendre soin des autres? Et c’est devenu hors de contrôle. »

 

Storch: « J’ai vu mon propre père se mettre en banqueroute et avoir des problèmes avec les impôts. Il vivait au dessus de ses moyens, et je faisais la même chose sans m’en rendre compte. »

Jackson: « Je n’ai rien fait contre ça, et c’est quand j’ai reçu un appel de l’ancien président de Def Jam, Shakir Stewart que j’ai réalisé. Il m’avait dit: ‘D, vous foutez quoi? Janet Jackson attend Scott dans son studio depuis cinq heures. Où est-ce qu’il est? Qu’est-ce que vous foutez?’ Et je savais que ça commençait à devenir une routine. On a fait ça à beaucoup de gens en 2007. Il y avait des gens qui nous attendaient en studio pendant 10 heures et je n’ai jamais été honnête avec Scott. Je pense qu’à un moment j’ai arrêté de m’en soucier. On avait gagné du fric, je l’ai regardé le dilapider, je n’en avais plus rien à foutre. »

 

Finalement, Jackson décide de démissionner de son poste de manager mais ça n’a pas fait tilter le producteur. Il s’est rendu compte de ce qui était en train de lui arriver grâce à son fils:

« Ca a commencé à m’affecter lorsque mon propre fils m’a demandé: ‘Papa, qu’est-ce qu’il se passe? Quand est-ce que le prochain hit arrive?’ Et je n’avais aucune réponse à lui donner. »

 

Mais ça ne l’a pas changé et, isolé, la descente aux enfers a alors continué:

« J’étais le genre de toxicomane le plus dangereux. J’étais un toxico qui avait des millions et des millions de dollars à la banque, prêts à être dépensés en drogues, sans devoir aller travailler ni devoir se soucier de quoi que ce soit. La raison pour laquelle c’est le genre le plus dangereux c’est que tu as toujours de l’argent pour en prendre. D’habitude les gens restent en vie parce qu’ils arrivent à court d’argent. »

 

Il a fini par se mettre en banqueroute en 2009. Sa fortune de près de 100 millions de dollars était pratiquement totalement partie, dont 30 millions dépensés en soirées en l’espace de 6 mois. Il s’est ainsi retrouvé seul dans une villa de 20.000 mètres carré sans électricité, mobilier, ni amis.

« Ca aurait marché si j’avais décidé de continuer de travailler, mais j’ai juste arrêté de bosser. Et c’était une chose de bousiller ma carrière, mais je commençais aussi à détériorer ma santé. On aurait dit que j’allais mourir. »




18 mois après leur séparation, Storch et Jackson se sont revus et le producteur a enfin admis avoir besoin d’aide.

Jackson: « C’était probablement le pire état dans lequel j’ai vu quelqu’un de toute ma vie. Quelqu’un que tu connaissais depuis qu’il était jeune, remplis de feu et d’excitation. Mais de le voir avec les yeux noirs, ensanglanté et courbé, pas du tout comme la personne que tu connaissais… Pour être honnête, c’était un junkie. »

 

Dans un prochain article, vous saurez comment il a réussi à se soigner et à recommencer à faire de la musique.

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