La création de Regulate par Warren G

28 Avr , 2017  

Depuis son attrait pour le Hip-Hop à la confection de Regulate à travers la toute première rencontre de Snoop et Dre et le travail sur The Chronic, découvrez comment Warren G est passé de simple garçon de Long Beach au créateur d’un des plus gros hit Hip-Hop de tous les temps.

 

L’origine du nom du groupe 213

Warren G, Snoop Dogg et Nate Dogg kiffaient le groupe 415 composé de Richie Rich, D-Loc et d’autres rappeurs d’Oakland. Et ils se sont dit: ‘Les gars, eux c’est 415, c’est leur code régional. Donc on pourrait aussi s’appeler 213 et représenter d’où nous sommes.’

 

Dr Dre dit à Warren G de venir en studio

Un jour, Warren G a appelé son beau frère, Dr Dre, qui lui a dit de venir à une soirée. Il est venu et trouvait que les sons qui passaient étaient bon mais ils se ressemblaient tous. Il a donc voulu mettre ce qu’il avait fait avec Snoop et Nate. Le pote de Dr Dre, LA Dre, a entendu et a demandé à Warren G si Dr Dre l’avait écouté, ce à quoi Warren a répondu non. LA Dre l’a donc fait venir et le lui a fait écouter, et il en est tombé amoureux genre: ‘Ca déchire, je veux que vous veniez tous en studio lundi.’

 

La première rencontre entre Dr Dre et Snoop Dogg !

A ce moment là, Warren et Snoop étaient un peu en froid car ils s’étaient disputés. Il l’a appelé et lui a dit: ‘Mec, regarde, Dre aime nos chansons, il veut qu’on vienne en studio lundi.’ Mais Snoop ne l’a pas cru et a raccroché. Il a dû appeler Dre pour lui dire de dire à Snoop qu’il voulait qu’il vienne en studio lundi.

C’est à partir de ce moment là qu’ils ont commencé à travailler avec Dre. Snoop et lui ont fait la chanson Gangster’s Life et ensuite il y a eu la soundtrack de Deep Cover et après ça Dre leur a demandé ce qu’ils pensaient de faire un album intitulé ‘The Chronic’. Ils ont trouvé l’idée géniale et ont donc commencé à travailler dessus.

 

Death Row et la décision de la jouer solo

Travailler sur The Chronic a rapproché Warren G de Death Row mais vu le nombre d’artistes dessus, il savait qu’il allait devoir attendre avant de sortir quelque chose dessus. Il a donc commencé à travailler avec Greg Geitzenauer sur son propre solo.

Ils ont tout de suite enregistré Indo Smoke et lorsque l’impressario Paul Stewart l’a entendu, il n’a pas hésité et a voulu le signer comme producteur sur le label New Deal Music qui faisait partie d’Epic sur lequel est sorti la soundtrack de Poetic Justice sur lequel sont Indo Smoke et Definition Of A Thug Nigga, la chanson de Tupac produit par Warren G.

Quand Indo Smoke est sorti, plusieurs labels, dont Def Jam, l’ont contacté pour le signer, alors que Stewart ne cherchait pas à le faire signer en tant que rappeur mais producteur, et il est content que ça se soit passé comme ça car d’après lui, il méritait sa chance.

 

Le commencement de Regulate

Ensuite, Warren G a fait la version originale de Regulate.

« J’avais un appartement sur Long Beach Boulevard et San Vicente. C’est dans cet appartement que j’ai fait Regulate. J’avais tout l’équipement installé dans la chambre, un studio d’enregistrement dans la salle de bain et dans le placard, et c’est là qu’on l’a créé. J’avais un MPC 60, un mixeur Numark et un Technics 1200 et énormément d’albums.

Do You See allait être le premier single mais on n’a pas pu avoir l’autorisation parce que Bible Belt déconnait, car la première fois que je l’ai fait je chantait ‘Do you see what I see? Do you hear what I hear?’ (La mélodie suivait celle de Do You Hear What I Hear de Gloria Shayne Baker et Noél Regney)

Pour Regulate, j’étais chez moi, et j’en ai eu l’idée. J’écoutais I Keep Forgettin de Michael McDonald. C’était un son que j’ai toujours aimé depuis que j’étais petit, mes parents le passaient quand ils avaient de la visite ou des amis chez eux. C’était un son qui était dans ma tête et c’était tellement bien. J’avais le sample et je me disais: ‘Ca serait tellement différent de faire une chanson Hip-Hop dessus.’

Ensuite je l’ai laissé reposer quelques jours pour voir ce que j’avais besoin d’ajouter. C’est à ce moment là que toutes les autres parties sont arrivées, comme regarder le film Young Guns et sampler cette partie. Je regardais le film un jour et j’ai entendu la partie où Charley Bowdre dit: ‘We work in this town as regulators. We regulate any stealing of this property. But you can’t be any geek off the street. You gotta handle the steel, you know what I mean, earn your keep.’ J’ai entendu ça et je m’emballais! Je me suis dis: ‘Oh mon Dieu! Je dois mettre ça sur cette chanson! Je m’en fou si ils ne me laissent pas l’utiliser. Je vais quand même le mettre dessus.’ « 

 

Nate Dogg

Ensuite il a appelé Nate Dogg pour trainer et pour voir si ils arriveraient à faire quelque chose dessus. Il a joué l’instru pour Nate et il a directement kiffé. Ils ont commencé à écrire dessus et ça s’est fait assez vite.

« En faisant la chanson ensemble, nous voulions y aller chacun à notre tour, comme Snoop et Dre ont fait avec Nuthin But A G Thang. Comme Run-DMC, la façon dont ils y allaient l’un après l’autre. Ce que j’ai fait, c’est que j’ai écrit les 4 premières bars, et j’ai dit à Nate Dogg d’écrire 4 bars, et ensuite j’ai écrit 4 bars, puis Nate… Donc on l’a fait jusqu’à arriver à 16. On n’avait pas de refrain, mais le sample était tellement bon qu’on avait pas besoin de refrain. »

 

Une version ‘radio-friendly’

Ils ont ensuite travaillé l’instru et le résultat les a épatés. C’est à ce moment là qu’ils ont installé un vrai studio à North Hollywood et ils ont réenregistré, mais c’était beaucoup trop explicite pour les labels:

Geitzenauer: « Quelqu’un à Death Row ou Def Jam, peut-être Chris Lighty a dit: ‘Est-ce que vous pouvez faire quelque chose de moins explicite? Parce que dans l’état, on ne pourra pas le faire passer à la radio.’  « 

Warren G: « Lorsque nous avons fait la première version, c’était très explicite avec beaucoup de jurons genre ‘motherfuckers’ et des trucs du style. On a du retourner en studio et réenregistrer pour que ça convienne aux radios. C’était quelque chose qu’on devait faire parce qu’à ce moment, le son avait un buzz et le monde le voulait. »

Et c’est donc la version clean qu’on entend sur l’album.

 

Above The Rim et la bataille entre Def Jam et Death Row

Lorsqu’ils l’ont fait écouter à Jimmy Iovine, il a directement voulu l’avoir pour la soundtrack d’Above The Rim.

« On doit avoir ce son pour la soundtrack d’Above The Rim. C’est notre putain de single qui est là. »

Ensuite ça a déclenché une bataille de droits, vu que Warren G était sur Def Jam et Nate Dogg sur Death Row.

Stewart: « Suge n’aimait pas Def Jam, et Def Jam essayait de sortir un hit sur la Westcoast. Je me rappel les négociations qui n’arrêtaient pas sur les droits du son. »

Warren G: « Le son était tellement énorme, c’était indéniable. Def Jam ne pouvait pas le nier, Death Row ne pouvait pas le nier. Autant gagner ensemble. Def Jam m’a donné l’autorisation pour laisser Death Row utiliser le single. C’était les affaires. Et ce que Def Jam a fait a été de prendre le même single et de le ressortir. »

 

La mésaventure de Warren G lors du tournage du clip

Warren G est arrivé en retard lors du tournage du clip, Cameron Casey, le réalisateur, explique pourquoi: « Ce qui c’est passé était que, Warren G, il était à la station d’essence en train d’en mettre dans sa voiture et il est parti en laissant la pompe dans le réservoir. Il ne l’avait pas réalisé et les flics l’ont arrêté et l’ont mis en prison. Finalement, lorsqu’il est arrivé sur le tournage, on a fait autant de scène qu’on pouvait avec le temps qu’on avait. »

 

L’hommage au créateur du sample

Et ensuite, l’énorme succès qu’on connait est arrivé, mais un des fans du single a tout particulièrement fait plaisir à Warren G, il s’agit de Michael McDonald, le créateur du sample:

« Lorsqu’ils m’ont dit que Michael McDonald l’aimait, ça m’a vraiment touché, genre: ‘Wow.’ Pour un tel artiste comme lui qui était dans la musique depuis bien plus longtemps que moi, juste de l’entendre dire qu’il aimait mon son et qu’il a autorisé l’utilisation du sample… c’était une bonne chose mec. Il continue à recevoir un chèque pour ça. J’ai fais le son, je n’essaie pas de dire que je suis meilleur que lui, mais j’ai rendu le son plus grand que ce qu’il a fait. Je l’ai fait par amour pour lui en tant qu’artiste. Le sentiment qu’il a mis dans la musique, il fait également partie du son, parce qu’il m’a inspiré. »