Eminem nous rappelle la fonction sociale du rap

15 Nov , 2017  

Et si, la récente vidéo d’Eminem, « The Storm », diffusée à la cérémonie des BET Hip Hop Awards début octobre, nous rappelait la fonction sociale du rap ? Le chanteur, qui signe un retour sur la scène musicale avec la célèbre Beyoncé, est un habitué des chansons qui font parler d’elles. Alors, afin de comprendre dans quelle mesure cette vidéo nous ramène à la fonction sociale du rap, replongeons-nous dans son histoire.

Qu’est-ce que le rap ? Ce sont des rimes parlées sur de la musique hip-hop, une poésie rythmée. Quant au mot rap en anglais, il signifie « baratin » : on dit bien « don’t give me this rap ». Aux États-Unis, le rap a une forte tradition orale africaine, celle des Griots, qui étaient les gardiens de la culture et de l’histoire d’une tribu, d’un peuple. A l’image des troubadours, les griots se déplaçaient pour partager une histoire. Préservation de la mémoire instantanée d’une époque, les rappeurs sont, en somme, des griots modernes.

Souvenons-nous que le rap partage les mêmes racines que d’autres musiques traditionnelles afro-américaines, le jazz, la soul ou encore le blues. Les rappers sont la voix des populations afro-américaines, les gardiens de l’histoire de cette « working class ». Comme chacun le sait, le rap est né dans le Bronx. Ses fondateurs ne sont autres que DJ Kool Herck, Grandmaster Flash et Afrika Bambaataa. Les voix de ceux qui ne peuvent se faire entendre. Un groupe : Last Poets, en sont les précurseurs. Ils reprennent les idéaux des leaders de l’époque et constituent un relais du discours adressé aux populations afro-américaines, le tout, en chanson.

A la manière des griots, les rappeurs partagent également leur quotidien, leurs luttes, leurs aspirations, leurs idéaux avec leurs fans : vouloir une meilleure vie, signes extérieurs de richesse, matérialisme débridé fait de voitures de sport de luxe et de diamants, hyper présence des « guns », moyen de gagner le respect et le pouvoir, etc. Et la culture hip-hop revêt bien des formes : le Stand Up, par exemple, fait partie intégrante de la culture hip-hop.

Certains y trouvent un moyen d’expression de leur lutte quotidienne. Les « Comedy Clubs » sont nés dans des banlieues défavorisées, à l’image du « Jamel Comedy Club » en France. Un ascenseur social pour certains artistes talentueux. On peut évoquer aux États-Unis le parcours de Kevin Hart. Comédien de Stand Up, acteur, producteur, auteur, artiste hip-hop (alias « Chocolate Droppa ») et joueur de poker. Mieux que ça, il est même ambassadeur de la marque PokerStars. Originaire de Philadelphie, aujourd’hui 6ème personnalité en termes de cachet selon Forbes (2006), Kevin Hart est le « gars de Philly » qui a détrôné Jerry Seinfeld. Suivi par 24 millions de followers sur Facebook et par 35 millions sur Twitter, sa notoriété est incroyable aux États-Unis. Son inspiration, il la trouve d’ailleurs dans son parcours personnel et dans … le hip-hop.

Il convient donc d’insister sur le fait que ces artistes sont de véritables porte-paroles à travers leurs chansons : c’est sans doute pour cela qu’Eminem, tout comme d’autres chanteurs, fascine les foules. Ainsi, il serait bon de développer l’enseignement du rap en tant que forme de poésie et non comme musique de rue, qui remplace parfois les poings.

J.D.

 

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