American Horror Story : ces histoires vraies glaçantes qui ont inspiré la série

16 Jan , 2016  

Hotel, la cinquième saison d’American Horror Story, vient de s’achever sur FX. À cette occasion, retour sur les faits-divers bien réels qui se cachent derrière 7 des personnages et lieux les plus marquants que la série nous ait offerts en 5 ans.

 

Elizabeth Short / Le Dahlia Noir

Elizabeth Short, une jeune actrice de 22 ans retrouvée morte le 15 janvier 1947, le corps coupé en deux au niveau du bassin, dans le quartier de Leimert Park, au sud de Los Angeles, a inspiré de nombreuses œuvres de fictions. Et pour cause… C’est elle que la presse américaine s’est amusée à surnommer « le Dahlia Noir », probablement en référence au film policier Le Dahlia bleu (sorti un an auparavant), ainsi qu’à sa chevelure noir de jais. Un meurtre atroce, resté inexpliqué à ce jour (malgré le nombre de suspects qui se sont succédés à l’époque), et qui, après James Ellroy, Ulu Grosbard, ou Brian De Palma en 2006, a bien évidemment inspiré Ryan Murphy et Brad Falchuk, les deux créateurs d’American Horror Story (en même temps, une série aussi macabre aurait-elle vraiment pu passer à côté d’une telle affaire ?!).

Mais tout l’intérêt du Dahlia Noir revisité à la sauce American Horror Story, c’est que les scénaristes se sont amusés à trouver une explication au meurtre d’Elizabeth Short. Incarnée par Mena Suvari dans deux épisodes de « Murder House », la première saison de la série anthologique, la jeune femme vient consulter le docteur David Curran (Joshua Malina), un dentiste travaillant à domicile (le domicile en question était, vous vous en doutez, la fameuse Murder House, habitée plus tard par Connie Britton et Dylan McDermott) et ne se doute pas un seul instant de ce qui l’attend. Alors qu’elle est endormie suite à l’anesthésie qu’il lui a administrée, le dentiste en profite pour la violer. Mais Short ne se réveillera jamais, victime d’une overdose de gaz sédatif. Pris de panique, Curran traîne le corps de sa patiente jusqu’au sous-sol de la maison, où il tombe nez à nez avec Charles Montgomery (Matt Ross), le premier propriétaire des lieux, qui lui assure être un chirurgien de renom et l’aide à se débarrasser du corps. La suite on la connaît…

Ce qui est certain c’est que ce n’est pas Ryan Murphy qui va nous débarrasser de notre phobie du dentiste !

Tate Langdon et la fusillade de Columbine

Toujours dans la première saison de la série, Evan Peters (l’un des chouchous de la production, présent dans les 5 saisons) interprète Tate Langdon, un adolescent de 17 ans qui reste, aujourd’hui encore, l’un des personnages les plus marquants et les plus dérangeants d’American Horror Story. Mort dans la maison en 1994, tué par le SWAT, Tate (qui continue de hanter les lieux, comme beaucoup d’autres), noue peu à peu une relation avec Violet (Taissa Farmiga), la fille des nouveaux propriétaires, et celle-ci va finir par découvrir l’horrible vérité sur le passé de son petit ami légèrement dérangé.

Après avoir immolé par le feu Larry Harvey (Denis O’Hare), le dernier compagnon en date de sa mère, Tate a vu ses problèmes psychologiques passer au stade supérieur (si, si, c’est possible) en commettant une tuerie de masse dans son lycée, Westfield High, causant la mort de 15 lycéens, pour se venger de ceux qui l’avaient auparavant mis à l’écart. Une tragédie évidemment inspirée des tueries similaires ayant touché des écoles et universités américaines ces 20 dernières années, et notamment la plus tristement célèbre : celle de Columbine. Un massacre qui a déjà inspiré Elephant de Gus Van Sant, ainsi que servi de base au documentaire de Michael Moore Bowling for Columbine, et qui a vu deux étudiants, Eric Harris et Dylan Klebold, tuer 12 élèves (et en blesser 24 autres) ainsi qu’un professeur de l’école secondaire de Columbine le 20 avril 1999.

Et preuve s’il en faut que les scénaristes se sont bien inspirés du massacre de Columbine, dans une séquence de l’épisode en question, Tate demande à une élève si elle croit en Dieu avant de la tuer, ce qui fait directement écho à plusieurs témoignages rapportant que les tueurs de Columbine auraient également posé cette question à certaines de leurs victimes.

Oliver Thredson… inspiré de Ed Gain

Psychiatre notamment caractérisé par un calme et un sang-froid à la limite du dérangeant, et détonnant complètement avec le comportement du reste de l’équipe médicale de Briarcliff,  le docteur Oliver Thredson, campé par Zachary Quinto dans « Asylum », la deuxième saison d’American Horror Story, est chargé d’évaluer l’état mental de Kit Walker, un patient incarné par Evan Peters.

Rapidement, on comprend pourtant qu’Oliver Thredson n’est pas si sain d’esprit que sa profession peut le laisser entendre. En effet, abandonné par sa mère alors qu’il n’était qu’un enfant, il souffre de sérieux problèmes psychologiques à cause de cette absence, et a fini par développer une obsession sévère pour les femmes d’une trentaine d’années (l’âge qu’avait sa mère lorsqu’elle l’a laissé), dont il recherche par-dessus tout le contact corporel (le toucher de leur peau lui rappelant sa mère). Mais si ce n’était que ça… Car ce qui le fait vraiment basculer dans la catégorie « psychopathe que je n’ai pas envie de croiser » c’est qu’il est devenu, au fil du temps, un véritable serial killer, qui tue ses victimes et utilise leur peau et leurs ossements pour décorer sa maison (oui, vraiment…).

Un hobbie un peu spécial qui rappelle un tueur en série ayant bien existé : Ed Gain, un américain surnommé « le boucher de Plainfeld », qui s’est mis à déterrer des cadavres après la mort de sa mère et aurait également tué plusieurs femmes pour confectionner des objets de maison avec des parties de leurs corps. Un chouchou des œuvres de fiction horrifiques, qui aurait également inspiré Leatherface de Massacre à la tronçonneuse et Buffalo Bill du Silence des agneaux, et qui trouve donc sa place au panthéon des psychopathes d’American Horror Story grâce à Zachary Quinto (habitué des rôles de tarés, après Sylar dans Heroes).

Madadame Lalaurie

Incarnée par Kathy Bates dans « Coven », la saison 3 d’American Horror Story, le personnage de Delphine Lalaurie, personnalité mondaine de la Nouvelle-Orléans et figure majeure de cette fournée d’épisodes, est directement inspiré de la vraie Delphine Lalaurie, plus connue sous le nom de Madame Lalaurie, qui a tristement marqué l’histoire de la Louisiane au 19ème siècle. Étonnant, tant le personnage campé par Kathy Bates est sadique, dérangeant, et raciste. Et pourtant, si, elle a bien existé, et la réalité des faits dépasse, pour le coup, peut-être même la fiction.

Car derrière une façade de grande dame du monde, qui aimait organiser de grands événements dans son domicile du Vieux Carré, Madame Lalaurie dissimulait en fait une tendance macabre à très, très mal traiter ses esclaves. Des esclaves présents en grand nombre chez l’épouse du physicien Louis Lalaurie puisque le couple en aurait détenu plus de 50, à qui elle infligeait les pires tortures et qu’elle finissait, bien souvent, par tuer. Lorsqu’un incendie se déclara dans la maison des Lalaurie, les autorités, appelées sur place, découvrirent des esclaves enchaînés, pendus, mutilés, ou encore même désarticulés. Accusée d’avoir entraîné la mort de plus d’une centaine d’esclaves noirs, Lalaurie a fui la Nouvelle-Orléans et n’a jamais été punie pour ses crimes.

Alors que dans la série, celle qui s’amuse à élaborer une lotion pour le corps avec le sang de ses victimes, a connu un sort bien différent…

 

 

Twisty le Clown

Parmi les nombreuses monstruosités de « Freak Show », la quatrième saison de la série, figure bien évidemment Twisty, un meurtrier de la ville de Jupiter qui porte un costume et un masque (bien terrifiant, il faut le dire) de clown et qui est interprété par John Carroll Lynch. Serial killer au passé assez tragique (il a notamment été accusé de pédophilie par les autres « freaks », jaloux de son succès en tant que clown auprès des enfants, et a perdu une partie de sa mâchoire après s’être tiré une balle dans la bouche pour mettre fin à ses jours), Twisty a pour mauvaise habitude de kidnapper les gens, de les enfermer dans un bus caché dans la forêt, et, parfois, de les tuer. Et tout cela car il s’est juré de regagner l’amour des enfants en les « protégeant » de leurs parents.

Personnage marquant de la saison 4 (on a du mal à oublier le scalpe de crâne humain qu’il porte sur la tête), Twisty est en réalité inspiré d’un tueur en série qui a sévi dans les années 1970 à Chicago : John Wayne Gacy. Un psychopathe surnommé « The Clown Killer », qui se déguisait en clown pour animer des anniversaires et des fêtes pour enfants, et qui, le soir venu, oubliait de ranger son costume de Pogo le Clown au placard et se laissait aller à des pulsions meurtrières. Au final, il a été accusé d’avoir tué 33 jeunes adolescents ayant fugué de chez eux ou qui se prostituaient, mais, étant donné qu’il a avoué ne pas se souvenir du nombre de personnes qu’il a tuées, on peut partir du principe que c’est sûrement beaucoup plus !

L’hôtel Cortez / Le Cecil Hotel

L’hôtel Cortez, lieu principal de l’action de la saison 5 d’American Horror Story, qui vient de s’achever, semble être l’hôtel de toutes les horreurs et toutes les déviances (American Horror Story oblige). Mais selon les dires mêmes de Ryan Murphy, cet hôtel fictif est en partie basé sur un hôtel, lui, bien réel : le Cecil Hotel, situé à Los Angeles et récemment renommé Stay on Main (sûrement pour se défaire de la réputation macabre qui le précède).

Théâtre de nombreux meurtres et suicides, sans parler des événements étranges qui s’y seraient bien souvent produits, cet hôtel a encore récemment fait parler de lui, lorsqu’en février 2013, Elisa Lam, une étudiante, y disparut et finit par être retrouvée morte dans une cuve remplie d’eau, sur le toit du bâtiment. Et quand on sait que ce lieu de malheur a eu pour visiteurs, au cours de son histoire, pas mal de tueurs, dont Richard Ramirez et Jack Unterweger, on se dit qu’il vaut mieux éviter d’y séjourner.

À noter qu’au cours de cette saison 5, Lily Rabe et Seth Gabel, pour ne citer qu’eux, incarnent respectivement, le temps d’un épisode, les tueurs en série Aileen Wuornos (immortalisée au cinéma par Charlize Theron dans Monster) et Jeffrey Dahmer. Tandis que John Carroll Lynch (Twisty dans la saison 4) prête ses traits à John Wayne  Gacy, le vrai tueur qui a inspiré son personnage de clown tueur dans « Freak Show ». Comme quoi, l’hôtel Cortez semble attirer, lui aussi, tous les dégénérés du pays.

La Comtesse / Elisabeth Bathory

Incarnée par Lady Gaga, qui a obtenu il y a quelques jours un Golden Globe de la meilleure actrice dans une mini-série ou un téléfilm pour sa prestation, la Comtesse, ou Elizabeth de son prénom, est la propriétaire de l’hôtel Cortez et, sans aucun doute, le personnage phare de « Hotel », la cinquième déclinaison d’American Horror Story. Une dictatrice de la mode, qui semble vivre de sexe et de sang (tout un programme…), et qui semble beaucoup inspirée d’Elisabeth Bathory, une comtesse hongroise ayant vécu au 16ème siècle et surnommé la « Comtesse sanglante ».

Après la mort de son mari, Elisabeth Bathory s’est mise, on ne sait pas trop pourquoi, à tuer des jeunes femmes. Et pas qu’un peu puisqu’elle en aurait tué des centaines (on parle parfois de plus de 650… ah oui quand même) ! Si le nombre exact de ses victimes ou les raisons qui l’ont poussé au meurtre n’ont jamais été connus, des rumeurs disent que la comtesse  se baignait dans le sang de ses victimes pour tenter de préserver sa jeunesse. Pas très crédible, évidemment, mais on ne peut nier que cela a participé à créer sa légende.

Après avoir vu cette saison d’American Horror Story on se dit qu’on voit bien certaines ressemblances avec la Comtesse de Lady Gaga et on s’étonne à peine que la chanteuse, un brin étrange, ait hérité d’un tel rôle. Dans lequel elle excelle, il faut bien l’avouer. Et pour ceux qui n’auraient pas encore découvert la saison 5, sachez que le personnage de Lady Gaga est, d’une certaine manière, liée à la première saison, « Murder House ». Nous n’en dirons évidemment pas plus…

SOURCE: Allociné