Traduction de la review entière de l’album Illmatic de Nas qui le fit entrer dans l’histoire du Hip-Hop en étant le premier album à recevoir la distinction suprême: les 5 Mics de The Source.

Pendant que les médias proclamaient que l’album de Snoop était le premier album d’un artiste le plus attendu de tous les temps, beaucoup d’entre nous dans le cœur du Hip-Hop avaient nos yeux rivés sur un autre prix: Illmatic, le premier « livre d’histoire vraie » du rappeur de Queensbridge, Nas (anciennement connu sous le nom de Nasty Nas). Après avoir jeté un œil à son âme sur Live At The BBQ, Back To The Grill et la bombe officielle, Halftime, les habitants de la rue et les gars de l’industrie prédisaient que le premier album de Nas allait être monumental.

Il faut savoir que je ne suis pas le genre de personne à être obsédé par un autre mais… Je garantis que celui ci est un des meilleurs albums Hip-Hop que j’ai jamais entendu. Vraiment. Laissez-moi-vous en parler.

Musicalement, lorsque Nas s’est branché avec quatre des producteurs Hip-Hop les plus purs, on aurait dit que toutes les parties impliquées avaient élevé leur talent à un niveau d’expression encore plus haut. Que ce soit en écoutant les cordes sombre du piano du coté plus méchant de Pete Rock sur The World Is Yours, ou le son sinistre de Primo qui fait bouger sur Represent, ou l’ancienne soul de Large Professor sur Memory Lane, ou la mélodie jazzy meringuée de Q-Tip sur One Love, tout est justifié.

Votre esprit  fonce pour maintenir le rythme du lyricisme de Nas, pendant que votre corps plonge dans l’instru.

Lyricalement, tout est parfait. Pas de métaphore clichée, pas d’artifice, jamais trop abstrait, jamais superficiel, même les intros ont du sens, et l’unique invité de l’album, AZ, est dangereux de son propre chef. (Et en plus il n’est toujours pas signé? Pas pour longtemps). Nas est simplement l’exemple même de cet état d’esprit newyorkais en terme de prestation de style. Mais même en dehors de la Pomme Pourrie (New York), les auditeurs, fumeurs, jolies demoiselles et prisonniers, ceux qui tiennent de l’Hennessy et les négros de la vieille école provenant de tous les autres endroits seront capables de se rattacher aux nombreuses techniques de Nas.




Nas crée de la fantaisie: “I drink Moet with Medusa/Give her shotguns in hell/From the spiff that I lift and inhale.”

Il philosophe: “I switched my motto/Instead of saying, Fuck tomorrow/That Buck that bought a bottle/Coulda struck the Lotto.”

Il étale son flow:  “One for the money/Two for pussy and foreign cars/Three for Alize, niggas deceased or behind bars/ I rap divine god/Check the prognosis, is it real or showbiz/My window faces shootouts/Drug overdoses/Live amongst no roses, only the drama/For real, a nickel plate is my fate/My medicine is the ganja.”

Etc…

Les images de Nas me rappellent beaucoup de souvenirs personnels et de personnes, à la fois passées et présentes, donc l’impact va au delà de l’aspect divertissant. Tout ça peut sonner comme un mélodrame mais ce n’est pas que moi, j’entends sans cesse des réponses similaires. Alors que Memory Lane est mon kiffe, mes potes déclarent que pour eux c’est The World Is Yours. Et si vous connaissez quelqu’un en prison, One Love pourrait être la chanson qui les frappe le plus fort. Il n’y a rien de mauvais, juste des intensités différentes pour que des gens différents puissent s’y raccrocher.

La conclusion est que: même si l’album ne vous parle pas au niveau personnel, la musique en elle même vaut tout de même qu’on l’achète. Si vous ne pouvez pas au moins apprécier la valeur du réalisme poétique de Nas, alors vous feriez mieux de vous casser du Hip-Hop.

Restez. Vrai. Potos.

La rédactrice de cette chronique n’est autre que Miss Info avant d’être connue, elle écrivait alors sous le pseudonyme de Shortie.

 

Faites tourner !