[100 Chansons] (063) Nas – I Gave You Power

1 Sep , 2012  

Dans cette chanson extraordinaire de Nas, le rappeur se met à la place d’un flingue qui en a marre d’être responsable de morts.

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I seen some cold nights and bloody days
They grab and me bullets spray
They use me wrong so I sing this song ’til this day
My body is cold steel for real
I was made to kill, that’s why they keep me concealed
Under car seats they sneak me in clubs
Been in the hands of mad thugs
They feed me when they load me with mad slugs
Seventeen precisely, one in my head

 

J’ai vu des nuits froides et des jours sanglants

Ils m’attrapent et les balles jaillissent

Ils m’utilisent mal donc je chante cette chanson jusqu’à ce jour

Mon corps est vraiment de l’acier froid

J’ai été créé pour tuer, c’est pour ca qu’ils me gardent caché

Sous des sièges auto, ils me faufilent dans les clubs

J’ai été entre les mains de blindés de voyous

Ils me nourrissent quand ils me chargent avec blindés de balles

Dix-sept précisément, une dans ma tete

 

 

When I’m empty I’m quiet, findin myself fiendin to be fired
A broken safety, niggaz place me in shelves
under beds, so I beg for my next owner to be a thoroughbred
Keep me full up with hollow heads

Quand je suis vide je suis calme, je me trouve enragé à faire feu

Une sécurité cassée, les négros me placent sur des étagères

Sous des lits, donc je prie pour que mon prochain propriétaire soit quelqu’un de bien

Qui me garde remplis de têtes creuses

 

 

Always I’m in some shit, my abdomen is the clip
The barrel is my dick, uncircumcised
Pull my skin back and cock me, I bust off when they unlock me
Results of what happens to niggaz shock me
I see niggaz bleedin runnin from me in fear, stunningly tears
fall down the eyes of these so-called tough guys, for years
I’ve been used in robberies, givin niggaz heart to follow me
Placin peoples in graves, funerals made cause I was sprayed

Je suis toujours dans les mauvais coups, mon abdomen est le chargeur

Le canon est ma queue, pas circonscrit

On tire ma peau en arrière et m’arme, je tire quand on me dévérouille

Les résultats de ce qui se passe quand les négros me secouent

Je vois des négros saignants me fuyant en peur

Des larmes étourdissantes coulent des yeux de ses gars qui s’autoproclament des durs, pendant des années

J’ai été utilisé dans des vols, donnant aux négros le cœur de me suivre

J’ai mis des personnes dans des tombes, des funérailles se sont faites parce que j’ai été utilisé

 

 

Had a serial defaced, hopin one day, police would place
where he came from, a name or some sort of person to claim him
Tired of murderin, made him wanna be a plain gun
But yo I had some other plans, like the next time the beef is on
I make myself jam right in my owner’s hand

J’avais un numéro de série dégradé, espérant qu’un jour la police le placerai

De la où il vient, un nom ou quelqu’un pour le réclamer

Fatigué de tuer, ca m’a fait vouloir devenir un flingue pur

Mais j’avais d’autres plans, la prochaine fois que le beef éclatera

Je m’enrayerai dans les mains de mon propriétaire

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Dans le troisième couplet qui est mon préféré, il raconte son propre sabotage pour ne plus endurer les meurtres et les drames :

 

I can hear somebody comin in, open the shelf
His eyes bubblin, he said, « It was on »
I felt his palm troubled him shakin
Somebody stomped him out, his dome was achin
He placed me on his waist, the moment I’ve been waitin
My creation was for blacks to kill blacks
It’s gats like me that accidentally, go off, makin niggaz memories
But this time, it’s done intentionally
He walked me outside, saw this cat
Cocked me back, said, « Remember me? »
He pulled the trigger but I held on, it felt wrong
Knowing niggaz is waiting in hell for ‘im
He squeezed harder, I didn’t budge, sick of the blood
Sick of the thugs, sick of wrath of the, next man’s grudge
What the other kid did was pull out, no doubt
A newer me in better shape, before he lit out, he lead the chase
My owner fell to the floor, his wig split so fast
I didn’t know he was hit, it’s over with
Heard mad niggaz screamin, niggaz runnin, cops is comin
Now I’m happy, until I felt somebody else grab me
Damn!

 

Je peux entendre quelqu’un arriver, ouvrir le tiroir

Ses yeux bouillonnants, il a dit : ’’c’est parti’’

J’ai senti ses paumes agitée

Quelqu’un est arrivé, son dos était courbé

Il m’a placé à sa taille, le moment que j’attendais

Ma création était pour que les blacks tuent les blacks

Ce sont les flingues comme moi qui accidentellement tirent et font des souvenirs aux négros

Mais cette fois c’est fait intentionnellement

Il a marché dehors, a vu ce gars

M’a armé et a dit : ’’tu te rappelles de moi ?’’

Il a tiré sur la gachette mais j’ai tenu bon, ca me donnait une mauvaise impression

Sachant que les négros attendaient en enfer pour lui

Il a tiré plus fort, je n’ai pas bougé, j’en avais marre du sang

Marre des voyous, marre du courroux engendré par la rancœur des mecs

Ce que l’autre a fait a été de tirer, sans aucuns doutes

Un nouveau moi dans une meilleure forme, avant qu’il s’allume, il a mené la chasse

Mon possesseur est tombé au sol, sa perruque s’est déchirée si rapidement

Je ne savais pas qu’il s’était fait touché,

C’est terminé d’entendre des négros enragés, des négros courants, les flics arrivent

Maintenant je suis content, jusqu’à ce que je trouve quelqu’un d’autre pour m’attraper

Merde !

 

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Sans oublier le refrain qui rajoute de l’intensité:

How you like me now? I go blaow
It’s that shit that moves crowds makin every ghetto foul
I might have took your first child
Scarred your life, crippled your style
I gave you power
I made you buck wild

Alors tu me kiff maintenant? Je fais blaw

C’est cette merde qui fait bouger les foules, qui infecte tous les ghettos

J’ai peut-être pris ton premier gosse

J’ai effrayé ta vie, t’ai rendu infirme

Je t’ai donné de la puissance

Je t’ai rendu dingue

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Voila, du grand Nas, comme d’habitude, on s’y croirait vraiment, il utilise beaucoup de détails. L’angle qu’il prends pour évoquer ce problème est ingénieux et on sent bien sa frustration. Quand au flow il coule naturellement sur la prod froide et street de Primo.

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Artiste : Nas

Titre : I Gave You Power

Album : It Was Written

Année : 1996

Producteur : DJ Premier

Année de découverte : 2005

Styles : Street, storytelling, lyrical, gangsta

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