10 rappeurs new-yorkais citent leur album Hip-Hop préféré de New York

26 Juil , 2018  

D’Action Bronson à Papoose  en passant par Joey Bada$$ ou encore Lloyd Banks, découvrez quels sont leur(s) album(s) préféré(s) d’un rappeur de leur ville.

 

Action Bronson

Si je devais dire un album d’NYC qui me définit dans ma vie ce serait Only Built 4 Cuban Linx… J’ai passé le plus de temps avec cet album et c’était le plus colorié et créatif pour moi.

Bishop Nehru

Je vais dire Illmatic mec. C’est mon préféré. Illmatic. Mmm… Food de Doom. Enter The 36 Chambers. The Purple Tape (Only Built 4 Cuban Linx). Je vais choisir Illmatic. Je vais écouter ça jusqu’à ma mort.

Je pense que c’est le meilleur album Hip-Hop de tous les temps parce que:

1) C’est du Hip-Hop pur.

2) La durée de l’album. A mes yeux c’est comme ça qu’un album parfait doit être. Ca doit te donner envie d’en vouloir plus. C’est comme ça qu’ils faisaient avant. Michael Jackson, The Beatles ils ne sortaient pas 18 chansons sur un album. Ils en mettaient 11, 10. C’est comme ça que t’amènes de la qualité.

Fred The Godson

Ca doit être Illmatic. Ca doit l’être. J’étais un gosse mais j’ai toujours été plus avancé pour comprendre les choses. J’ai toujours eu un esprit plus mature, donc quand j’ai entendu cet album de Nas… Ce négro donnait l’impression qu’il était un Jean Baptiste noir ou un truc comme ca. Genre dans Memory Lane:

« I rap for listeners, bluntheads, fly ladies and prisoners/Hennessy-holders and old-school niggas, then I be dissing/A unofficial that smoke Woolie Thai/I dropped out of Cooley High, gassed up by a cokehead cutie pie. »

Ce négro était fou. J’étais genre: « Yo c’est quoi ce truc? »

« Caved inside, a thousand miles from home »

On aurait dit Rakim mais mis à jour. T’aurais pu dire qu’il avait eu son style de Rakim. Mais il l’a rendu plus frais et c’était dingue, incroyable.

Joey Bada$$

Pour moi, mince. Ah… Ca doit être Ready To Die. Et tu sais déjà quels sont les trois dans ma tête en ce moment. Ready To Die, Reasonable Doubt et Illmatic. Mais pour moi, j’écoute Ready To Die beaucoup plus vigoureusement. L’énergie, la passion, la vibe, c’est tellement hard, c’est tellement… Je ne sais pas, je ne peux pas l’expliquer. Et ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit, Illmatic et Reasonable Doubt sont aussi excellents, mais c’est juste un élément de Ready To Die qui me fait plus vibrer. Peut-être parce que je suis un Seigneur du Feu, je ne sais pas, mais je vois beaucoup ça dans Biggie. Le feu qui brule dans son cœur.

Lloyd Banks

Life After Death, Biggie, son deuxième album. Cet album était ouf. Le premier album était aussi dingue mais cet album… Je me rappel l’avoir acheté et avoir le double CD sur le chemin de ma maison après les cours. Je me rappel le déballant et devenant dingue, genre il y avait deux CDs. Je ne peux pas dire lequel des deux j’ai le plus aimé. Ensuite arrive de très près It Was Written de Nas. Juste parce que je suis arrivé à cette époque. Et ensuite je dirais Get Rich Or Die Tryin’. Je ne peux pas en choisir uniquement un, ces trois périodes différentes l’ont fait pour moi.

Papoose

C’est une putain de question trop dure mec. Je peux en dire trois? Je vais dire Long Live The Kane, Ready To Die et Illmatic. Je vais être honnête avec toi.

Long Live The Kane, pour moi, étant enfant à ce moment là, c’était une des choses les plus incroyables que j’ai jamais entendues. Kane, je n’ai jamais entendu quelqu’un rapper comme ça. J’avais entendu Ain’t No Half Stepping, juste en étant dehors, à ce moment là les gars marchaient dans la rue avec des radios énormes et tout, donc j’avais entendu Ain’t No Half Stepping et j’étais déjà fasciné par ça. Mais un jour, un ami de ma famille est venu à la maison et c’était une réunion de famille et il a sorti la cassette et je ne l’ai jamais quitté des yeux. Ensuite il est allé à la salle de bain ou un truc comme ça et j’ai pris la cassette. (rires) Il est revenu et demandait: ‘Quelqu’un a vu ma cassette?’ J’ai écouté ce putain d’album mec… Le Hip-Hop en lui même m’a donné envie de rapper, mais cet album m’a donné envie d’être bon en rap. Donc ouais Long Live The Kane. Bien sur Kane lachait des bijoux mec.

Ready To Die? Aw mec si t’es de Brooklyn et que tu n’idolâtres pas B.I.G., je ne sais pas ce qui cloche chez toi. Big racontait les merdes que je traversais, tout le monde de Bed Stuy, Brooklyn pouvait se retrouver sur cette merde, des fois sans savoir quand ton prochain repas aller arriver. Big était juste incroyable lyricalement, et moi étant de Bed-Stuy, tout ce qu’il disait sur cet album, je savais de quoi il parlait. Parce que j’étais à un âge où je sortais dans la rue, faisant des trucs dont je n’étais pas fier, mais d’avoir quelqu’un dans la lumière qui pouvait se retrouver en moi, ça m’a juste donné l’espoir que je pouvais peut-être être un rappeur à succès un jour.

Et ensuite Illmatic. Ce gars est venu de nulle part disant qu’il était moitié homme, moitié incroyable. J’étais genre, what the fuck? Lyricalement, ce que Nas faisait à cette époque… A cette époque c’était le premier que j’ai entendu dire cette merde dans une chanson rap. « Pissin in the elevator », tu vois ce que je veux dire? Personne rappait de ce genre de truc. One Love, écrire une lettre à ton pote qui était incarcéré. J’ai toujours eu des gens qui étaient dans et en dehors du système, donc je me suis retrouvé là dedans. A ce moment là, j’ai senti que Nas était le premier à rapper au sujet de certains trucs. Et ensuite j’ai entendu Melle Mel, et j’ai réalisé qu’il le faisait avant Nas. Mais Nas était bon pour ça mec, Nas était incroyable à ce moment là. Nas était un poète. Tous ces albums m’ont aidé à traverser différentes épreuves à cette époque là.

Saigon

C’est une question difficile. Il ne peut pas y en avoir juste un. Je suis sur que 99% des gens vont dire Illmatic, mais si tu vas avant ça jusqu’à Krs-One et By All Means Necessary, je pense que ça pourrait être le meilleur album de ma ville. By All Means Necessary de Boogie Down Productions.

Smoke DZA

Merde. Je voudrais choisir entre Reasonable Doubt et The Blueprint. Les productions, les featurings, les histoires qui sont racontées dessus, elles identifient toutes la ville. Je me rappel toujours du World Trade Center chaque fois que j’écoute The Blueprint. Je me rappel sécher les cours le 11 septembre 2001 quand ça c’est passé, et j’étais à HMV sur la 42ème rue quand la première tour s’écroulait, et j’étais sorti du métro et j’ai entendu que la deuxième tour était tombée; je n’oublierai jamais ce sentiment. Ecouter The Blueprint dans le métro B sur mon chemin de retour.

Tony Yayo

C’est une question difficile. Il y en a tellement! Tellement. Mais si je devais en choisir un… Mince. C’est une question difficile. Allez, tu as Illmatic. Tu as Ready To Die. Franchement, tu as Life After Death. Stillmatic. Tu as Hov. Tu as Get Rich Or Die Tryin’. Franchement mec. Il y a tellement de classiques. Il y en a trop. Je ne veux manquer de respect à personne dans le Hip-Hop. Illmatic, ensuite tu dois penser à The Purple Tape avec Ghost et Rae. La liste continue encore et encore. Ensuite tu as l’album de Pun, DMX. Il a vendu 11 millions. Genre, allez quoi. C’est trop difficile de dire quel est l’album le plus ouf qui provient de New York parce qu’il y a tellement de bons trucs qui sont venus de New York.

Troy Ave

Récemment, je dirais New York City: The Album. Moins récemment, je dirais entre Get Rich Or Die Tryin ou Blueprint 2. Ouais, je vais dire Blueprint 2 ou Vol 2… Hard Knock Life. Je dirais Hard Knock Life, Get Rich Or Die Tryin, et ensuite New York City: The Album.

 

(Article du 2 décembre 2014)

 

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